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Des bistrots aux nouveaux lounges parisiens

Combien sont-ils, ces hommes et ces femmes à l'accent du Massif Central qui sont montés à Paris pour forger leur réussite ? La place qu'ils occupent dans les métiers de la limonade n'est pas due au hasard...

Paris et les bougnats, d'hier à aujourd'hui
 

...  mais bien à l'acharnement et à la solidarité de toute une communauté. Ils étaient porteurs d'eau ou charbonniers et sont aujourd'hui à la tête de véritables empires : ce sont les bougnats !

Avec les révolutions industrielles, les migrations se multiplièrent pour échapper à la misère des campagnes et le XIXe siècle offrit à nos ancêtres de nouveaux horizons...
Précurseurs et volontaires, les paysans du Massif Central (principalement auvergnats et aveyronnais) avaient déjà colonisé Paris à la fin du XVIIIe siècle. Pour s'intégrer dans cette ville pleine d'opportunités,  ils brillaient dans tous les travaux durs et fatigants que les parisiens boudaient.

Outre les frotteurs de sols et les peigneurs de chanvre, nombre d'entre eux devenaient porteurs d'eau, ou même ''livreurs de bain'' à domicile. Ils leur fallaient alors monter baignoire et eau chaude sur leur dos, jusque chez leurs clients. L'avènement de l'eau courante, à tous les étages des immeubles parisiens, fit malheureusement péricliter cette profession.

Ils se reconvertirent alors dans le commerce du charbon, et furent bientôt connus sous le nom de ''bougnats''. Ce nom est vraisemblablement l'abréviation de ''charbougnat'', lui même transformation du mot ''charbonnier'' lorsqu'il est prononcé avec l'accent auvergnat. Cette alliance des auvergnats avec le charbon n'était pas neuve. En effet, les parents de bougnats étaient des mariniers qui venaient vendre le charbon de Brassac sur les quais de Seine. Pour les bougnats, la livraison de sacs de charbon dans les immeubles était tout aussi exténuante que celle des baignoires. Cependant, à la différence des porteurs d'eau, les charbonniers avaient une petite boutique. C'était là le début de l'ascension commerciale avec ses difficultés, ses risques, mais aussi ses chances.

Très vite, ils s'intéressèrent à une autre activité ; celle du vin qu'ils vont adjoindre, dans un premier temps, à leur commerce de charbon.
Sans le savoir, ils jetaient les bases de la future activité principale des auvergnats.


Thomas Collin


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