Le chocolat n'en finit pas de nous chatouiller les papilles ! Originaire d'Amérique du sud, sa présence dans nos palais est avant tout le fruit de hasard et de rencontres pendant la conquête du nouveau monde...

Le cacao, produit extrait de la fève du cacaoyer et ingrédient de base du chocolat est originaire d’Amérique du sud. Les botanistes considèrent qu’il poussait à l’état sauvage depuis 4000 ans avant J.-C.
Les Indiens connaissaient les vertus thérapeutiques de sa fève et consommaient le chocolat sous forme liquide pour supporter les pénibles travaux de récoltes à travers les Andes.
Ces peuples sont alors dominés par les Aztèques qui attribuent l’origine du cacaoyer à Quetzalcoalt (de quetzal, nom d’un oiseau et coalt, le serpent), un puissant roi aztèque.
Représenté sous la forme d’un serpent recouvert de plumes de quetzal, il était en même temps Dieu de la végétation et de son renouveau et grand jardinier du paradis des premiers hommes. La légende aztèque raconte que le Dieu récompensa le courage et la fidélité d’une princesse en donnant à son peuple l’arbre, le cacahuaquchtl. Cette princesse fut tuée pour avoir refusé de révéler l’endroit où se cachait le trésor des Aztèques...
Alors boisson divine, le cacao donnait lieu à des cérémonies religieuses tout au long des différentes phases de sa culture. Ses propriétés bienfaisantes et aphrodisiaques étaient déjà connues.
On le préparait de la façon suivante :
Les fèves étaient séchées puis broyées. La farine obtenue était transformée en pâte qui était diluée avec de l’eau chaude et du piment. La boisson était agitée, écumée et rendue mousseuse au moyen d’un moulinet.
Chez les Mayas puis chez les Aztèques, les fèves de cacao étaient aussi une monnaie d’échange et de paiement.
En 1502, Christophe Colomb, à l’occasion de son quatrième voyage en Amérique, est le premier européen à découvrir les fèves de cacao. Mais Colomb trouve le breuvage amer et épicé et repart sans porter le moindre intérêt au cacao.
En 1527, le conquistador Cortez, intéressé par la valeur des fèves de cacao, le rapporte en Espagne. Les Espagnols apprennent peu à peu à choisir et à traiter les fruits. Le chocolat, mélangé au sucre avec de la cannelle et de l’arôme de vanille perd son amertume et devient un nectar succulent que les conquérants dégustent dans des chocolateries.
L’entrée du chocolat à la Cour de France
En 1609, les Juifs, chassés d’Espagne puis du Portugal, arrivent à Bayonne. Beaucoup sont chocolatiers et vont faire de Bayonne le principal centre de production français du chocolat.
Mais c’est Anne d’Autriche, fille du roi d’Espagne, qui par son mariage avec Louis XIII introduit le chocolat à la cour française. Elle s’installe à la cour suivie par ses servantes qui savent parfaitement préparer le chocolat.
A Versailles, le chocolat devient la grande mode : on en sert tous les lundis, mercredis et jeudis dans les salons de la cour.
L’industrialisation du chocolat.
Le XIXème siècle marque le début de l’ère industrielle en Europe.
L’essor de la consommation du chocolat en fait un produit courant et les petits artisans disparaissent peu à peu. Les plantations de cacaoyers se développent et l’industrie chocolatière se perfectionne grâce à d’importantes inventions.
C’est ainsi qu’en 1828, le Suisse Amédée Kohler, invente le chocolat aux noisettes et le Hollandais Caspar Van Houten parvient à séparer les différents éléments du cacao, le chocolat en poudre est né.
En 1847, « Fry and Sons », une firme anglaise eut l’idée de mélanger de la liqueur, du sucre, du beurre de cacao et du chocolat. La première tablette de chocolat est née !
En 1832, le maître pâtissier de l’empereur François-Joseph invente à Vienne la recette de l’incontournable tarte au chocolat qui porte son nom : la Sacher Torte.
En 1867, les Turinois inventent la plus fameuse des bouchées italiennes, la Gianduja.
En 1875, le suisse Daniel Peter ajoute du chocolat à l’invention d’Henri Nestlé : la farine lactée. Naît alors le chocolat au lait dont la fabrication est industrialisée en 1905.
En 1920, l’Anglais John Mars lance la célèbre barre chocolatée qui porte son nom.
C’est à ce moment-là que l’Espagne, anciennement pays du chocolat par excellence, perd son primat. C’est la Suisse qui va prendre le relais. La réputation du chocolat suisse, renforcée grâce à une série de médailles obtenues pendant les expositions internationales, a entre-temps conquis le monde entier !
Marie DIEUDONNE DE CARFORT, mars 2003
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