Le poisson fumé

Succombez ! Il ne nuit pas à la santé !

Si de nos jours, l'on fume le poisson pour sa saveur raffinée et parfumée, le fumage était autrefois destiné à le préserver de la prolifération de bactéries. Aujourd'hui, la nécessité a disparu, mais le goût nous est resté, tout comme le procédé...


Crédit photo : bouchées_concombre_saumon_s.jpg

Le poisson fumé
 

Quelles sont les étapes du fumage ? Peut-on fumer soi-même son poisson ? Quels poissons, hormis le saumon, se prêtent à la fumaison ?

Savez-vous d'où vient ce goût si particulier qui caractérise le poisson fumé? Du fumage. Le fumage (ou fumaison) est l'une des techniques les plus anciennes pour conserver le poisson tout en le préservant des bactéries. Jadis, les peuples pêcheurs conservaient leurs prises en utilisant un mélange de sel et de fumée. Qu'en est-il, de nos jours, du processus de fumage autrefois en usage ?

Il existe deux façons de fumer le poisson : le fumage à froid et le fumage à chaud. La plupart des poissons fumés qui vous sont proposés dans le commerce ont été fumés à froid. La technique se décompose en trois étapes. Tout d'abord, le saumurage ; le poisson est plongé dans une solution aqueuse de sel, qui réduit son taux d'humidité et lui permet d'absorber peu à peu le sel, ce qui stoppe le développement des bactéries. Une fois le temps de saumurage écoulé et le poisson rincé, il faut le laisser sécher à température ambiante entre une et deux heures ; on parle de séchage. C'est seulement à l'issu de ces deux premières étapes que l'on passe au fumage. Le poisson est entreposé dans un fumoir dont la température n'excède pas les 32°C et ce, pour une période allant de 24 heures à 5 jours, en fonction de la taille du poisson, du goût et de la texture désirés. Il s'imprègne alors de la fumée de bois de chêne, de hêtre ou de bouleau et prend progressivement une couleur uniforme, légèrement brune, qui marque la fin du fumage. Pour les conservations plus longues, il faut compter entre cinq jours pour les plus petits poissons et une semaine au moins pour les plus gros (par exemple, le saumon) afin d'en arriver à ce résultat.

Quant au fumage à chaud
, le procédé reste le même. La température s'élève cette fois à 66°C ce qui accélère le processus de fumaison mais réduit aussi le temps de conservation.
Bien qu'il existe des méthodes de conservation plus modernes, certains s'attachent à utiliser encore ces deux techniques de fumage, non par commodité, mais pour le goût si particulier qu'elles donnent au poisson. Un goût apprécié qui résiste au temps, comme en témoignent les menus de fête qui, chaque année, compte une entrée ou un plat de poisson fumé.


Grégory Leclercq


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